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Bonjour,

 

Violences envers les femmes : En Seine-Saint-Denis, 10 ans d’observations, d’actions et de partages.

 

Ci contre la signature de la convention "mains courantes" par Marisol Toraine, Christane Taubira, Berard cazeneuve et Pascale Boistard.
De nombreuses manifestations ont été organisées pour cette journée du mercredi 25 novembre dans le cadre de la "Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes". Chaque année, en France, plus de 200 000 femmes sont victimes de violences graves (physiques ou sexuelles), 86 000 sont victimes de viols ou tentatives de viol. 129 femmes sont mortes en 2013 sous les coups d’hommes violents. Ce problème, mondial, est enfin pris à sa juste mesure en France. Le vote de la loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes, ce 4 aout 2014, la généralisation, presque partout dans le pays, d’observatoire contre les violences envers les femmes, le montrent. Mais cette prise de conscience en appelle d’autres. Si certains se posent, non sans arrières pensées, la question de l’utilité d’un Département, je peux leur prouver que si le Département de la Seine-Saint-Denis n’avait pas existé, personne ne parlerait aujourd’hui d’une politique nationale de lutte contre les violences envers les femmes. Il y a plus de 10 ans, le Département de la Seine-Saint-Denis, à direction communiste, créait "l’Observatoire Départemental contre les violences envers les femmes". Cet Observatoire était unique en France et dans le monde jusqu’il y a peu. Jusqu’alors, chaque collectivité pouvait, en fonction des besoins spécifiques de sa population mais aussi en fonction des priorités, des ambitions, culturelles, progressistes, citoyennes… de ses élu-e-s inventer des politiques et des missions librement. C’est la fameuse "clause de compétences générales" qui a permis cela. C’est ainsi que depuis 10 ans, la Seine saint Denis à pris les choses à bras le corps. Sous l’impulsion d’Ernestine Ronai,récemment promue "officière dans l'ordre national du mérite" et de l’équipe qu’elle a formée, des manifestations ont lieu et perdurent pour que ne soit pas banalisé le meurtre d’une femme sous les coups de son conjoint. En 10 ans, le dispositif "un toit pour elle" a été créé et permet d’abriter d’urgence les femmes menacées. Des dizaines d’actions ont été organisées, dans les collèges, pour généraliser la lutte contre le sexisme et ce, bien avant l’ABCD de l’égalité. Le téléphone d’urgencepour les femmes en grand danger a été pensé dans notre département et expérimenté avec l’aide des services de la justice. Des centaines d’actrices et d’acteurs ont été formé pour gérer le phénomène du mariage forcé et de l’excision… Voilà le bilan du Département de la Seine-Saint-Denis auquel ont fortement contribué les élu-e-s communistes. Sans cette "clause de compétences générales" la Seine Saint Denis n’aurait pas mobilisé ses élu-e-s, les fonctionnaires d’état et territoriaux, les associations, les services de la police et de la justice…sur cette question. Alors que cette clause, sans laquelle tout ceci n’existerait pas, est menacée, l’avenir même de notre département, asphyxié par l’austérité gouvernementale, est incertain. Aussi, je suis inquiet pour l’avenir de ces politiques publiques qui ont servi de matrice à des politiques nationales audacieuses et innovantes. Je suis inquiet de tous ces personnels qui manquent pour la justice, la police ou encore l’éducation nationale et qui permettrait, de faire encore mieux contre les violences envers les femmes. Pour moi, ce combat le mérite. L’argent existe pour cela : il faut le rendre utile à nos populations au lieu qu’il aille gonfler – chaque jour d’avantage – les profits des actionnaires. Toutes ces détresses apaisées, toutes ces vies sauvées, toutes ces enfances protégées… de mois en mois toutes cette expérience accumulée, ce savoir faire généré… sont un bien commun fragile qu’une réforme bâclée - dont l’unique but affiché est : "économiser" - ne doit pas détruire.A l’heure où encore récemment certains élus, y compris dans notre département, tentent encore de remettre en cause le droit à l’IVG, que les femmes et les hommes dans le monde, et en Seine-Saint-Denis en particulier mesurent bien que seules, la vigilance et la mobilisation pourront continuer de sauver des vies.

Cordialement: Gilles Garnier

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