Bonjour,
Je pense aujourd'hui à deux disparitions, à quelques jours d'intervalle: Raymond Aubrac et Lise London. J'admirais, comme vous tous, le premier au destin si fantastique qui a échappé tant de fois aux griffes des nazis y compris après sa capture dans la souricière de Calluire avec Jean Moulin. Si, avec Lucie, ils ont été l'un des plus beaux couples de la résistance, ils ont su mener leur lutte jusqu'à leur dernier souffle en faisant partager aux jeunes générations leur engagement et leur enthousiasme. Mais il est vrai que la disparition de Lise London me touche particulièrement. Je l'ai rencontrée, à plusieurs reprises. La première fois c'était au congrès de Martigues qui m'a vu entrer pour la première fois au conseil national du pcf. Elle avait parlé de son engagement, de ses doutes, au moment le plus fort du stalinisme et de ses espoirs en un communisme à visage humain. Je me souviens avoir pleuré en entendant cette voix claire et aigûe. Une autre fois c'était avecMarie George Buffet, quand elle était invitée dans une commune de l'Essone pour baptiser une école Lise et Arthur London. Elle avait raconté la guerre, la résistance, Prague, le procès d'Arthur... et la lente reconnaissance, trop lente à son goût, des crimes du stalinisme. Oui, je le dis, ce sont des gens comme les Aubrac et les London qui m'ont donné envie de m'engager au PCF. Parce que ces deux couples n'ont jamais été des suivistes mais bien des communistes, conscients et lucides. Ils n'ont jamais perdu le cap, même s'ils ont du souffrir, y compris dans leur chair et leur âme, des errances criminelles de la période stalinienne. Il est parfois difficile de dire, y compris dans ma section, et devant des camarades pour qui j'ai un immense respect que c'est autant Guy Moquet et "l'Aveu" qui m'ont mené à adhérer. Guy parce qu'i lsymbolisait l'espoir et Arthur parce qu'il était la lucidité. C'est pour que plus jamais on abîme le mot de communisme que, je le dis, j'ai aimé Lise elle en parlait comme j'aime que l'on en parle.
Ecoutez la...