compte rendu CN.
Nous avions des décisions importantes à prendre, pour que le changement qu’une majorité de Français a souhaité réussisse et que la vie de nos concitoyens change vraiment. Nous avons considéré que les communistes ont de quoi être satisfaits d’avoir hissé la campagne du front de gauche à la hauteur de l’enjeu. Des espaces nouveaux de dialogues et de constructions politiques sont apparus dans cette campagne. Comment les faire fructifier désormais et comment poursuivre ? Ce questionnement a été au cœur de notre assemblée générale, à Noisy le Sec. Notre parti sort renforcé de cette expérience. L’humain d’abord n’est pas que le titre d’un programme, il est notre manière de faire de la politique au quotidien. Certainement pourrons-nous tirer de cette expérience une nouvelle manière de faire et pratiquer la politique : assemblées citoyennes, Front des luttes, réseaux thématiques. Tous souhaitent poursuivre et élargir cette démarche. Mais à présent comment associe-t’on toutes celles et ceux que nous avons côtoyés ces derniers mois ? Comment allons-nous nous inspirer de leur envie d’agir, de leur inventivité, de leur envie de prendre des responsabilités dans cette aventure. Nous devrons réfléchir à tout cela et en tirer l’expérience lors de notre congrès du début Février 2013. Nous gardonstoutes et tous, comme un goût amer d’inachevé : Les élections législatives n’ont pu confirmer la dynamique de la Présidentielle et le groupe perd des députés malgré une belle campagne et des progrès significatifs. La composition de l’assemblée révèle une incroyable anomalie démocratique : la majorité législative de la gauche est déformée au profit du Parti socialiste par rapport à la réalité de la majorité politique de gauche dans le pays. Le PS totalise 65% des voix de la gauche à l'élection présidentielle, près de 70% avec ses alliés aux législatives et 90% des députés de gauche. Le Front de gauche totalise 25% des voix de gauche à la présidentielle, 15% aux législatives et 5% des députés de gauche.
Nous disposerons d’un groupe Front de Gauche à l'Assemblée nationale qui réunit les 10 députés de Métropole, et 5 députés ultra marins, soit les 15 députés nécessaires, ce qui nous donnera les moyens d’action nécessaires à l’Assemblée. Nous restons incontournables à gauche. Nous avons besoin de comprendre les raisons de cette situation. Quelle est la part du système électoral ? Quelle est la responsabilité du parti socialiste ? Quelle est la part de nos propres manques ? Comment progresser en termes d’élus et de présence dans les lieux de pouvoir ? Voilà quelques unes des questions que les communistes formulent aujourd’hui et auxquelles nous devrons répondre, en se donnant le temps et les moyens de le faire. Pour ce faire, j’ai proposé que nous nous réunissions en « séminaire » à la rentrée, afin de réfléchir, avec du recul, à ces questions. Il s’agira aussi de commencer à préparer le congrès et de nous positionner sur les prochaines échéances locales... Nous avons besoin d’une analyse critique et constructive sur nos comportements, nos méthodes de travail, le rôle de la direction de section, nos capacités à réfléchir décider, travailler lors d’une campagne électorale… pour ne pas nous lancer vers de nouveaux objectifs sang règles et objectifs précis. Nous nous sommes exprimés très majoritairement contre la participation au gouvernement de Jean Marc Ayrault. Avons-nous la encore pris assez de recul pour ne pas tomber dans la facilité des comparaisons avec des expériences passées infructueuses, ni en nourrissant l’illusion que nous pourrions être exonérées de la réussite ou non de la gauche. Bien sur la prise en compte de nos propositions était évidemment un critère essentiel. Ces appels sont restés lettre morte, le Président répétant à de nombreuses reprises que la seule boussole gouvernementale serait son programme de premier tour. Nous ne nous reconnaissons pas dans une conception présidentialiste du gouvernement mais de surcroît nous croyons indispensables à la réussite du changement des inflexions à ce projet. C'est pourquoi si nous estimons que les conditions de notre participation au gouvernement Ayrault ne sont pas aujourd'hui réunies, notre objectif est de modifier cette situation. Nous restons disponibles si ces conditions évoluaient. Nous voulons continuer à être utile à atteindre cet objectif, et pour cette raison, nous ne voulons pas renoncer à notre liberté d'agir pour obtenir les inflexions majeures qui nous paraissent indispensables. Nous entendons donc être une force active et positive au Parlement. »
La période qui s’ouvre doit nous permettre d’évaluer l’étape actuelle du front de gauche. Quelle place accorder, et dans quel cadre, à celles et ceux de nos concitoyens qui veulent s’investir à part entière dans le Front de Gauche, sans pour autant devenir membre d’une des forces politiques qui le composent, ni membres d’ailleurs d’un Front de gauche qui deviendrait lui même un parti politique ? Que devons nous ensuite améliorer dans les méthodes de travail entre partenaires, au plan national comme au plan local, et enfin plus fondamentalement encore quel objectif politique fixons-nous à notre rassemblement du Front de Gauche dans la période qui vient ? Un recours possible en pariant sur l’échec d’un gouvernement socialiste dont nous déciderions d’emblée qu’il n’ya pas grand chose à en attendre, ou un espace de rassemblement et d’intervention de nos concitoyens dans le champ politique pour transformer les choses et rendre très vite possible les changements auxquels une majorité de gens aspirent aujourd’hui ? Nous faisons le choix d’affirmer cette deuxième conception. Nous avons, dans le débat avec nos partenaires et nos concitoyens, toute légitimité pour le faire.
ordialement: Gilles Garnier