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Quelques leçons postélectorales

 

 

Depuis quelques jours notre député Claude Bartolone sait qu’il sera élu président de l’Assemblée nationale. Consécration d’une carrière de parlementaire et d’élu local mais aussi de Ministre. Son résultat face au Front National n’est pas une surprise, même s’il faut surtout s’inquiéter de l’énorme report de voix de la droite vers la candidate du Front National totalement inconnue.

 

Cela était préparé de longue date par une droite nationale dont le discours haineux et xénophobe n’a cessé de croître à l’approche des élections présidentielles et législatives. Il n’y a donc plus aucun scrupule pour un électeur de la Boissière ou de l’avenue Marceau qui avait voté Dref Mendaci de se reporter vers le parti extrémiste.

 

 Plus localement la campagne de Monsieur Mendaci avait de quoi en étonner plus d’un. Candidat affiché UMP NC aux Lilas et à Bondy il a voulu la jouer « fils du peuple » à Noisy. Candidat sans appartenance et sans options si ce n’est celle de la proximité pour dire et faire quoi ? personne ne le sait et ne le saura jamais. Il a de plus tenté une approche « communautariste » de la politique en tentant de séduire « ces frères (et pas  ses sœurs) musulmans » dans la dernière ligne droite, déstabilisant encore plus un électorat de droite noiséen peu enclin à le suivre dans ce domaine. Monsieur Mendaci n’a pas compris que quelque soit leur origine ou leur confession les électeurs ne se déterminent pas sur des choix tels que ceux-ci. On adhère aux idées aux propositions aux positions d’un candidat ou d’une candidate mais pas grâce ou à cause de son appartenance à telle ou telle communauté quelle qu’elle soit.

 

La vague rose de confirmation d’une majorité pour François Hollande, les choix électoraux hasardeux de la droite locale ont eu pour effet de jeter des électrices et des électeurs dans les bras du Front National. Ce jeu est dangereux car il place la majorité municipale dans la seringue. Comment satisfaire l’électorat de droite traditionnel qui n’hésite plus à apporter ses voix au FN et celles et ceux avec qui le Maire et Monsieur Mendaci ont établi une relation consumériste et de clientélisme. Je les laisse se débrouiller avec cette équation. Ils ont encore un an et demi pour trouver la solution. Il n’empêche qu’à part sur son blog où il appelait à faire barrage au Front national Dref Mendaci n’a même pas pu entrainer le Maire vers cette position à minima.

 

Du côté du front de gauche oui je le dis et le répète je suis satisfait du résultat. Même si la campagne législative a pâti d’une moindre mobilisation que la présidentielle et que nous n’avons pas vu venir une telle montée de l’abstention qui nous a touché. Il y avait chez une partie, à la marge, des électrices et des électeurs de Jean Luc Mélenchon une part de colère et de zapping électoral qui peut s’apparenter aux succès de Besancenot ces dernières années mais la crédibilité de nos propositions a encore du chemin à faire pour pénétrer une majorité de conscience. La personnalisation même dénoncée par le candidat lui-même n’a pas empêché que des électrices et des électeurs déçus par son score soient retournés à un vote plus « sage » et plus « réaliste ». Mais ce qui compte ce sont celles et ceux que nous avons conservés malgré cela. Avec plus de 15% à Noisy et 13% sur la circonscription nous retrouvons notre score de 2002. Ce n’est pas rien dans un contexte encore plus difficile et après un autre échec à la présidentielle en 2007. Pascale et Jean Claude font mieux que Céline et moi cinq ans auparavant. Ce score est un socle. Il ne suffit pas pour gagner seuls. Nos amis verts comme à leur habitude font un peu au dessus de leur score national, LO et le NPA s’effondrent littéralement.

 

Une présidentielle et une législative ne sont pas une municipale ou une cantonale. Peu lucides sont ceux qui pensent comme nos camarades socialistes que le balancier repartira forcément dans leur sens. La droite noiséenne n’a pas perdu même si actuellement elle se cherche et derrière le sourire inoxydable de Laurent Rivoire commencent à apparaître des « carries ». La majorité unie par un lien direct avec le Maire et à de rares exceptions près, peu politisée sent qu’elle n’a pas de boussole. Servir les siens, "clientéliser" le rapport à la politique ne peut marcher qu’une seule fois. Car jamais un Maire ne pourra offrir un logement ou un emploi à tous ces affidés. Des noiséennes et des noiséens s’en aperçoivent déjà. Depuis le changement de majorité les méthodes perdurent.

 

Nous devons être prêts à relever le flambeau et à remettre la ville sur des rails qui l’éloignent des démons qui abîment la politique : la personnalisation à outrance, le clientélisme et la démagogie. Oui on peut et on doit faire autrement. Sachons ne pas nous renfermer, le Front de Gauche a Noisy a ses portes grandes ouvertes comme le Parti Communiste Français sa composante locale la plus importante. Sachons accueillir celles et ceux des électrices et électeurs de gauche qui ne se trompent pas d’élection. Sachons écouter ces électrices et ces électeurs de François Hollande et de Claude Bartolone qui ne manqueront pas d’être déçus par les demi-mesures et le manque d’audace de ces derniers. Nous ferons tout pour que le Gouvernement ne se trompe pas de voie. Je fais confiance aux parlementaires du front de gauche à l’Assemblée et au Sénat pour cela mais je crois aussi et surtout à la lucidité des femmes et des hommes de ce pays et de notre ville qui ont soif de changement et pour qui 2% d’augmentation du SMIC est une décision mesquine.

 

Gilles Garnier

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