Chère Nicole, cher-e-s ami-e-s, cher-e-s camarades,
Claude Coulbaut nous a quittés. Sa maladie laissait peu d’espoir à une issue favorable mais nous espérions tous qu’il s en sorte. Depuis sa retraite, Claude restait très actif. Il a certainement été l’un des communistes les plus complets. Il a su, au long de sa carrière, d’abord a l’éducation nationale puis, au conseil général, conjuguer son engagement professionnel et politique. Chez Claude tout était politique au sens plein du terme. L’orientation des jeunes comme la vie culturelle. Il a eu la chance de côtoyer des femmes et des hommes engagés qui considèrent qu’orienter, enseigner doit être porteur de sens. Il a lutté toute sa vie, partout ou il était, pour que la marque sociale ne soit pas indélébile. Il considérait que l éducation et la culture ne devaient pas être que transmission mais surtout donner a toutes et tous les clefs de la compréhension du monde. Il a œuvré toute sa vie pour que nous soyons tous moins sourds, moins muets, moins aveugles… face a la complexité du monde. Cette exigence il l’avait pour lui comme pour les autres. Il ne supportait pas la médiocrité, la négligence, la paresse intellectuelle et ce, encore moins, chez ses camarades communistes.
Est-ce sa culture chrétienne ou sa connaissance du marxisme qui lui donnait ce niveau d’exigence? Je crois que les deux se mêlaient, se conjuguaient. Parfois son exigence pouvait impressionner voire embarrasser ses camarades. Mais nul ne contestait la rigueur de ses analyses. Peut être ces derniers temps avait il un peu perdu de l’envie de convaincre. Il paraissait parfois las des échanges praticos/ pratiques inhérents a la vie de notre section. Il restera celui qui a, en partie, façonné notre ville. Une ville ou la culture est omniprésente. En tant qu’adjoint il avait su convaincre Roger, puis Jean Louis, qu’il ne pouvait y avoir de gestion progressiste si l’exigence culturelle n’en était pas la colonne vertébrale. Il voulait des femmes et des hommes debout, conscients. Nous ne connaissons pas une actrice ou un acteur du monde de la culture a Noisy ou dans le département qui n’ait eu le plaisir de croiser le fer avec Claude sur des concepts tels que la démocratie culturelle ou la démocratisation de la culture, sur l’élitisme pour tous. Il pensait que ces concepts étaient parfois mal compris ou mal assimilés, y compris par ses camarades. Ce reproche de dilettante il me l’a fait, parfois. Humainement nos relations n’ont jamais été très chaleureuses. Il ne se retrouvait pas dans la manière dont je fais de la politique. Il considérait que les choix récents du parti, auxquels j’avais contribué étaient emprunts d’opportunisme voire de populisme. Son immense culture marxiste faisait qu’il trouvait parfois que nos choix étaient a courte vue. Et surtout, il regrettait amèrement le recul de la place de la formation chez les communistes, ce en quoi il avait tout a fait raison. C’est dommage qu’il ne se soit pas rendu compte à quel point il nous influencé malgré tout. Même s il ne s’était jamais réellement remis de la défaite de 2003 et du départ de Jean Louis de Noisy, il a été de ceux qui ont permis que, malgré les défaites, notre section reste debout. Chapeau bas, Claude, pour tout ce que tu as fait, tout ce que tu as porté, même si tu considérais parfois que nous n’étions pas a la hauteur des enjeux du moment. Claude a aussi été un vrai père de famille. La famille comptait beaucoup pour lui, ses parents, sa femme, ses enfants et ses petits enfants. Il savait parler de ce qu’est une famille, un espace de chaleur et de fraternité. Claude est un homme qui a pleinement réussi son parcours d’homme sur cette terre. Quand a l’âpres ? Nous n’en avons jamais parlé, mais je suis certain, qu’où qu’il soit, il aura le cœur au débat et a l’échange. En fait, je l imagine bien au paradis des communistes, s’il existe, refaire le monde et organiser des séances de formations. Vous m’excuserez ce trait d humour en ces moments de grande peine, mais je le vois bien comme cela. Et nous, communistes de Noisy, qui sommes tristes et orphelins, nous nous souviendrons des échanges que nous avons eu avec lui dans notre vie militante ou municipale. Forcement, il ne nous a pas toujours convaincus, mais il ne nous a jamais laissés indifférents, bien au contraire. Il nous a nécessairement bousculés. J’embrasse avec chaleur sa famille, ses amis, ses camarades, si nombreux dans notre ville, en Seine Saint Denis et bien, au delà.
Gilles Garnier.