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Leïla Shadid...

 

…. « parce que c'est le triomphe du droit, parce que depuis 20ans, nous négocions avec 8 premiers ministres différents israéliens, je dirais même 22 ans depuis Madrid,  et que les termes de ces négociations, la résolution 242, 338, Madrid, la feuille de route, tout çela ce sont des résolutions des Nations Unies que Monsieur Netanyahou, depuis qu'il est arrivé au pouvoir il y a 4 ans, ne respecte plus du tout, je dirais même qu'il détruit la possibilité d'un État palestinien, en construisant de nouvelles colonies, en continuant à construire un mur que la Cour de justice de la Haye a dénoncé, a demandé qu'on enlève.

Et je pense qu'aujourd'hui, la reconnaissance par la majeure partie des États du monde, dont la majeure partie des États européens, est une protection du droit du peuple palestinien. Les Palestiniens n'ont pas d'armée, n'ont pas de pétrole, n'ont pas de relations commerciales et économiques importantes par rapport à Israël et au reste du monde et la seule chose qui peut leur donner le sentiment qu'ils ont droit au droit, qu'ils ont la protection du droit international, du droit humanitaire, de la Charte des Nations unies, c'est que leurs frontières, que leur capitale, que leur territoire défini comme la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem soient protégés par cette reconnaissance.

Maintenant, bien sûr, c'est très important pour nous, c'est très important pour tous ceux qui croient dans le droit, et je pense que la plus grande partie de l'opinion publique dans le monde - on a vu avec les sondages d'Avaaz, avec les sondages en France, en Angleterre, en Allemagne, en Espagne, on a vu avec les votes du Parlement européen -, les populations du monde sont dans leur immense majorité d'un poids et d'une mesure pour tous les peuples du monde. On l'a vu aussi dans les révolutions arabes. Et je pense que ce qui change c'est que nous sommes dans un nouveau contexte régional où il faut à tout prix faire la guerre à la guerre. Ça veut dire trouver des moyens, la volonté politique pour que, dans ce nouveau Moyen-orient, on essaye d'accompagner ce processus de paix qui dans les dernières années a perdu toute sa crédibilité parce qu'il n'a jamais rendu Israël redevable d'explications devant toutes les violations pratiquées tous les jours par le gouvernement et l'armée israéliens, la dernière en date étant la terrible attaque contre gaza 4 ans après la première

Israël a perdu une bataille diplomatique 
Je redoute effectivement et mon  président redoute  les répercussions sur les agences [de l'ONU] des États-Unis. Mais je veux garder espoir en voyant que le ton des Israëliens a complètement changé après pression de Mme Hilary Clinton [journaliste : ils ont dit ce matin qu'ils ne changeraient rien sur le terrain]. Oui, mais je pense qu'Israël a bien compris qu'elle perdu une bataille diplomatique  comme elle a perdu une bataille militaire à Gaza et qu'elle n'a pas les moyens de commencer à faire des rétorsions qui vont coûter très cher à la Palestine. Il faudrait aussi faire entendre raison aux États-Unis et ne pas sanctionner des agences des Nations unies parce qu'il y a un Congrès républicain qui a  voté il y a 30 ans que tout organisme qui traite avec la Palestine serait puni, C'est moyen-âgeux comme attitude, parce que c'est la nécessité de la paix qui fait que le système des Nations unies doit traiter de la Palestine : il le traite en tant qu'OLP, aujourd'hui  il va le traiter comme État observateur.

Revenir à des négociations crédibles
Il n'y a aucune raison qu'on ne saisisse pas la Cour pénale [Internationale]. Je vous rappelle que tous les membres de l'Assemblée générale en 2004 [ont] saisi la Cour de Justice de la Haye sur le Mur et que la décision de la Cour, l'avis de la Cour a été en faveur de la destruction de ce mur et a dit que ces territoires étaient occupés et devaient revenir aux Palestiniens, cela ne veut pas dire que nous allons le faire le lendemain, nous ne sommes pas dans un jeu de marquer des points, nous sommes dans une attitude où nous voulons revenir à des négociations crédibles mais pas du tout dans les conditions où on a vu depuis 5 ans que nous sommes abandonnés dans un rapport de force entièrement en faveur des Israéliens. Parce que eux ont une armée, parce qu'ils ont une puissance nucléaire, parce qu'ils ont des relations diplomatiques et parce qu'ils sont un État qui a été traité par la communauté internationale comme un État au-dessus du droit, un État où l'impunité est tout le temps accordée à Israël. Je pense que nous avons la volonté, le président Abbas l'a dit, c'est d'ailleurs dans la résolution à laquelle nous invitons les États à adhérer, que nous voulons revenir à des négociations, mais nous voulons des garanties que les termes de négociation, les termes de référence, le cadre dans lequel nous négocierons, ça veut dire les frontières reconnues, la capitale reconnue, le territoire reconnu, les droits des réfugiés reconnus, garantis par les Nations unies.

 

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