Une petite nouvelle mais de graves conséquences...!
Lors de la réception des "pigeons", pardon des "chefs d'entreprises",
à l'Elysée, le Président de la république, entre la confirmation de futurs allégements fiscaux et la défense de l'entreprise en soi, a glissé une formule lourde de conséquences : "Il faut que les élèves des collèges soient initiés à l'esprit d'entreprise." Quelle honte ! Et quelle capitulation! Cette formule ressemble au "tous propriétaires" de Nicolas Sarkozy. Pensons nous réellement que c'est "l'urgence de l'urgence" que nos enfants apprennent cet "esprit d'entreprise"? Déjà, depuis de nombreuses années, une partie de la gauche ne parle plus de l'école comme le
lieu essentiel de l'apprentissage et de la pratique de la citoyenneté. S'appuyant sur la crise et les angoisses du chômage et de la déqualification sociale qu'elle engendre, le discours sur une école qui doit simplement fournir des salariés dociles et prêts, dés le plus jeune âge, a s'adapter au seul marché de l'emploi. Il a même été dit qu'il fallait adapter les formations initiales et continues aux possibilités du seul bassin d'emploi environnant. Quelle vision étroite et étriquée de la mission de l'école et de l'éducation. La mission de l'école va au delà de la nécessaire transmission des savoirs. Elle se doit de former des citoyens éclairés. Est-ce parce que l'on ne sera jamais professeur d'histoire que l'on doit ignorer d'ou l'on vient? Est ce parce que l'on ne sera jamais prof de philo que l'on doit cesser de réfléchir aux questions essentielles qu'elle porte? Est ce parce que l'on ne sera jamais peintre ou acteur ou musicien que l'on ne doit pas apprendre à regarder une expo et écouter un concert ou une pièce de théâtre?
Apprendre l'esprit d'entreprise c'est vouloir formater des cerveaux dans un seul sens. Alors que 90 % des élèves qui vont quitter l'école entreront dans le salariat, on va les culpabiliser en leur disant : si vous n'avez pas créé votre affaire vous même vous n'êtes rien? On n'est pas loin de la pense du bar du Fouquets dont Séguéla avait résumé l'essentiel : "quand on a 50 ans et que l’on n’a pas de Rolex on a rate sa vie". Résultat: Cliquez ici. Je veux, nous voulons, nous les membres du PCF et du Front de gauche, que les enfants de nos collèges puissent, par les armes de l'éducation, affronter les défis du monde de demain. Qu'ils apprennent les questions d'écologie, de droit du travail, de l'économie, de l'art, des sciences... Même s'ils ne s'en servent pas immédiatement.
Le fils ou la fille d'un charpentier ou d'une caissière sera heureux que, dans quelques années, son père et sa mère puissent l'aider a résoudre un problème de physique ou de lui permettre de comprendre l'origine de la révolution française. La droite à besoin de peuples qui ne sont que des moutons dociles. La gauche, elle, a toujours voulu un peuple conscient et éduqué. Alors, de grâce, permettez aux enfants, aux jeunes,de prendre des initiatives dans les collèges. Ouvrez les portes des établissements scolaires aux artistes, aux militants associatifs, aux syndicalistes et pourquoi pas aux patrons pour que les enfants, les jeunes,
puissent se faire, avec l'aide de leurs enseignants, l'idée du monde qu'ils veulent construire. C'est ce qu’à mon époque, a l'école, on appelait l'esprit critique. Formule que mon instituteur de cm1, Monsieur Levy, a inscrit dans ma mémoire et qui a malheureusement disparu du vocabulaire d'une certaine gauche qui se dit pourtant moderne !
Cordialement: Gilles Garnier