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Bonjour,

 

Télé publique ce n'est pas qu'une ligne budgétaire que l'on supprime.

Il y a quelques jours, le gouvernement Grec a brutalement arrêté les programmes. Annoncée dans la matinée l'exécution a eu lieu aux alentours de 23h. Ceci ne s'est pas passé dans un pays lointain, sujet a de nombreux putschs, mais dans un pays de l'union européenne depuis 1981. Cette télévision publique était née au lendemain même de la dictature des colonels. Elle a succédé à l'unique chaine que les dictateurs avaient investie en 1967. Il y a des pays ou l'on ne fait que changer les programmes comme en Russie, en 1991. Alors qu'un coup d'état avait lieu dans Moscou, la chaine publique avait interrompu les programmes et diffusé le "lac des cygnes" dans la version du Bolchoï. Vieille habitude qui avait déjà servi à la radio lors de la mort de Staline et du limogeage de Kroutchev. Un gouvernement démocratique, issue d'un vote est allé plus loin. Il a choisi l'écran noir.

Des milliers de Grecs ont manifesté hier à l’occasion d’une journée de grève générale pour protester contre la fermeture radicalede la radio-télévision publique.

Si dans certains pays, comme en Grèce et en Italie, la télévision publique n'est pas exempte de critique, il serait comique, (si ce n'était pas gravissime), d'entendre le chef du gouvernement grec parler de mauvaise gestion, de népotisme et de clientélisme. La nouvelle démocratie, parti du premier ministre,

a usé et abusé de ces méthodes. Tout comme le parti socialiste, en son temps. Le gouvernement de droite et du ps ont laissé l'information dans les mains de télés privées qui sont toutes liées aux grandes entreprises et a leurs amis, qu'ils soient de droite ou socialistes. La télé publique grecque était une des rares a ne pas connaître de déficit puisque la redevance plus la pub la rendaient bénéficiaire. Mais il y avait quelque chose d'insupportable pour ce régime de démocratie dirigée et dirigiste : c'est l'obligation du pluralisme. Chaque débat, chaque émission politique, se devait d'inviter des représentants des partis représentés au gouvernement. Ce qui voulait dire que Syriza et le parti communiste grec avaient le même temps de parole que la majorité. On en rêve ici, nous! Mais nonobstant les critiques à la télé publique, le peuple grec est descendu dans la rue, au nom des libertés bafouées. C'est par ces lâchetés, ces décisions autoritaires, que le gouvernement prépare le peuple grec a un régime autoritaire. La situation que connaît la Grèce ressemble a celle d'un pays en guerre larvée. Les "ennemis" ne sont pas aux frontières. Ils sont là, aux commandes. Ils décident que l'on peut vivre avec un salaire ampute de 50 pour cent ou sans indemnités. Le peuple à un droit légitimé de révolté quand il est opprimé. Alors oui, nous sommes tous grecs parce que fils et filles de la lointaine démocratie athénienne. La décision du gouvernement grec est un test supplémentaire à la capacité de résistance du peuple. On a vu des peuples supporter l'insupportable mais, plus encore que le manque de pain, l'atteinte aux libertes fondamentales a toujours été le levain des révolutions. Et tout ceci se passe dans un pays de l'union, en 2013! 

Cordialement: Gilles Garnier

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