Henri Alleg, une voix qui va manquer.
Quand on est jeune communiste, on apprend très vite qui est Henri Aleg.
Cet homme, qui s’est engagé si tôt au sein du parti communiste algérien et qui va, avec "la question", en 1958, contribuer à la révélation de la pratique de la torture en Algérie par l’armée française. Ce livre court et dense est un témoignage sans pathos, sans fioriture sur la pire des situations qu’un homme peut connaître: la torture. J’ai lu ce livre et je pense qu’il
serait souhaitable que beaucoup le lisent. Il est, au-delà du témoignage factuel, un appel au respect de la dignité humaine. Directeur d’ "Alger Républicain", Alleg verra ses camarades de combat du FLN s’éloigner peu à peu du socialisme démocratique tant espéré par les communistes algériens. Alleg était un petit homme de point de vue de la taille mais un si grand homme par la pensée et l’action qu’il a mené toute sa vie pour la justice, la liberté, l’indépendance de l’Algérie. Je ne partageais pas tous ses
engagements, mais il fait partie de ces hommes qui sont déjà entrés au panthéon des révolutionnaires. Il ne sera plus là pour nous dire et nous redire combien le combat pour une Algérie démocratique était un combat difficile mais enthousiasmant. Nous devons le lire, le relire et surtout s’inspirer de son exemple. La différence entre l’homme libre et l’esclave c’est que l’homme libre peut dire non. Alleg a porté au plus haut l’image d’un home libre et droit.
Cordialement: Gilles Garnier