Lors de la séance du 18 septembre, j'ai réagi à l'autosatisfaction générale sur les nouveaux collèges.
Lors de la séance du Conseil général du 18 septembre le Président Troussel a fait un point d’information sur la rentrée scolaire et l'inauguration de 12 nouveaux collèges.
Il s’est félicité d’avoir construit, en un peu moins de 4 ans, 12 collèges. Il les considère beaux, fonctionnels, à la pointe de l’équipement numérique montrant ainsi qu’il est confiant dans la jeunesse et son avenir. Bien sûr je peux partager ce discours. Ensuite, Emmanuel Constant, Président du groupe socialiste, ne tarissait pas d’émotion et de fierté considérant que les inaugurations des ces nouveaux équipements justifiaient à elles seules son engagement politique. Il nous demandait tout de même de ne pas nous méprendre sur sa reconversion au capitalisme. Selon lui les PPP
ne sont pas un choix idéologique mais un choix pragmatique compte tenu des désengagements de l’Etat. Du coup il nous a demandé de goûter, tous ensemble, à ce moment de grâce et de plaisir.
Aussi, je n’ai pas résisté, quand à moi, au plaisir d’intervenir devant autant d’autosatisfaction. Tout d’abord j’ai rappelé qu'avant ce plan, entre la création de la Seine Saint Denis et la présidence PS, en 2008, un certain "grand" nombre de collèges ont été construits. Le 21e siècle avait commencé huit ans auparavant. Mais surtout, cela fait des années que des gens, à peu près sensés, dans tous les groupes, disent qu'il y a deux types d'endettement : le mauvais, qui pollue les finances et le bon, qui permet d'investir pour l'avenir. Là, nous nous sommes bien lancés dans une opération : "la fin justifie les moyens" !
Pour moi, le chemin qu’on emprunte pour parvenir à une politique publique a autant d'importance que le résultat de cette politique publique. Ce n’est pas bien de dire que les PPP ne sont pas un choix idéologique mais une vision pratique. Ainsi, le pratique et le pragmatisme ne seraient que d'un seul côté ? Jamais nous n'aurions eu recours à ce type de financement, si nous n'avions pas été grugés sur le montage financier de la solidarité entre l'État et les collectivités locales. Nous n'aurions pas eu besoin des PPP et nous aurions fait de la maîtrise publique traditionnelle. C'est bien la volonté d'asphyxier les collectivités locales, de dire qu'il n'y aura plus jamais de solidarité verticale, la volonté de privilégier la solidarité horizontale, qui nous a contraints à faire ce que nous avons fait. Du coup, on accepte… on se plie… ! Donc, d'une part il y a eu des collèges entre 1967-68 et 2008 et de nombreux d’entre eux ont remporté des prix d'architecture. D’autre part, les PPP sont un choix ! Et je persiste à dire que ce n'était pas l'unique solution.
Lorsque nous rendrons compte de notre travail au service de la communauté, on pourra dire : "voilà, nos dettes" ! Je ne sais quelle sera la nouvelle collectivité qui "héritera" de cette compétence collège…, mais ce que je sais que ce seront toujours les mêmes contribuables qui paieront la note.
Cordialement:
Gilles Garnier