Librairies indépendantes.
Lors de cette même séance du 18 septembre, j’ai soutenu la proposition de renoncer à la perception de la "contribution commune territoriale" auprès des librairies indépendantes.
L’impact financier pour le Département est assez faible puisque il est évalué à 6 861 €, répartis sur les sept librairies qui bénéficient du label "Librairie indépendante de référence".
Mais c’est tout de même une initiative que je veux saluer tant elle contient un caractère symbolique fort. Du coup, M. Bluteau, (groupe UMP), saute sur l’occasion et veut que cette mesure profite à tous les commerces… Comme si on pouvait comparer ce qui relève d’une activité culturelle, une animation sociale, avec… McDonald, par exemple…!
Je salue donc et soutiens, au nom de mon groupe, cette initiative et me félicite du rapport qui pointe les enjeux économiques et culturels de la présence des librairies sur notre territoire. Nous disions, voici quelques années, que le cinéma était aussi une industrie : c'est vrai ! Et la littérature, les librairies, font aussi partie d'une chaîne économique. Il y a, derrière, des milliers de salarié-e-s dont nous n’avons pas à rougir des compétences.
Car, même s'il y a eu beaucoup de délocalisations de journaux peu recommandables, qui parlent de la vie privée des gens et sont imprimés à l'extérieur de notre territoire, les librairies et la plupart des grandes maisons d'édition françaises, continuent d'être publiées en France. A l'exception de certains qui choisissent le secret outre-Rhin pour distiller des choses pas très intéressantes.
Mais soyons attentifs au fait que toutes les librairies ne sont pas encore concernées par cette mesure. Je pense en particulier à celles dont le chiffre d'affaire les place encore parmi les plus fragiles. L'importance de la présence du livre dans les quartiers, dans les centres-villes, dans des librairies qui sont en général habitées par la passion de leurs animateurs et animatrices pour la lecture et la littérature, ne se mesure pas seulement, nous le savons, à leur chiffres d'affaires. Mais aussi aux rencontres que leurs univers, même dans un espace parfois modeste, permet aux visiteurs.
Et puis, puisque nous avons été de ceux qui ont cru à la présence, à l'importance de la lecture publique, qui ont beaucoup investi dans les bibliothèques, les médiathèques… (pensons aussi au Salon du Livre et de la Presse jeunesse qui rouvrira ses portes, bientôt), il est notoire et important que nous pensions aussi à démultiplier les portes d'entrée vers la littérature par le biais des libraires indépendantes. C'est une bonne nouvelle.
De nombreuses librairies, je le disais, ne sont pas encore concernées par notre délibération. C'est pourquoi il est nécessaire, à terme, d'aller un peu plus loin, dans le domaine précité et non pas pour élargir, comme le souhaite notre collègue Bluteau, à tous les commerces de centre-ville. Mais je pense qu’il serait utile, par exemple, à ce que chacune et chacun d'entre nous s'intéresse à la provenance des fournitures de livres
dans sa ville ou son canton. On peut, par ce biais, soutenir les libraires et les considérer comme des relais de commandes. C’est déjà ce que font de nombreux parents d'élèves qui passent par un libraire de quartier pour demander des livres scolaires. Ce qui permet aussi de donner un volant d'affaires supplémentaire à ces librairies de quartier.
Enfin, j'ai en mémoire les déclarations, plus ou moins discrètes, de certains candidats de droite lors des dernières élections municipales. Certains d’entre eux, grâce à l'abstention d'électeurs de gauche, ont conquis des
communes à forte tradition culturelle. Aussi, quand j’entends sur les bancs de la droite départementale qu’on "défendrait" les librairies ? J’ai des doutes. Parlez-en à mon amie Jacqueline Rouillon, ici présente. Sitôt sa commune passée à droite la subvention à "l'association des amis des libraires" a été supprimée. Vous pouvez vous offusquer de mes propos mais je viens d’apporter la preuve que vous avez un langage, ici, dans cette salle, mais que dans les actes vous faites le contraire. Je sais aussi la menace qui pèse sur une librairie à Blanc-Mesnil…
Monsieur le Président, nous soutiendrons cette délibération.
Cordialement : Gilles Garnier