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Discours d'ouverture:


Monsieur le Député, adjoint au Maire de Paris, Madame la Sénatrice, chère Laurence COHEN, Monsieur le Conseiller de Paris, cher Alain LHOSTIS, Madame la Présidente de la MILDT, chère Danièle JOURDAIN-MENINGER, Monsieur le Président de l’Association Française de Réduction des risques, chers amis,

 

Je veux tout d'abord excuser Stéphane Troussel, Président du Conseil Général, dont l’emploi du temps ne permet pas la présence et qui m'a chargé de vous saluer et vous souhaiter d’excellentes 4èmes rencontres nationales.

 

Comme vous le savez le Conseil général de la Seine-Saint-Denis est un fervent soutien de ce rendez-vous et c’est avec plaisir, après en avoir accueilli les trois premières éditions, que nous continuons à être parmi vous aujourd’hui.

 

Quelle orientation de la politique française des drogues pour ce quinquennat, est la question que vous entendez poser et débattre lors des plénières de ces deux journées.

 

Pour ma part, je souhaite qu’elle inscrive en préambule que les usagers de drogues sont avant tout des citoyens qui comme les autres ont besoin d’un Etat bienveillant et protecteur, et que la place et le rôle des substances psycho actives soient traités là où ils doivent l’être. C’est à dire, au delà de l’importante et nécessaire approche de santé publique, comme une question de société.

 

"Mis à part les aliments, il n'y a rien sur terre qui soit si intimement associé à la vie des peuples, dans tous les pays et à travers le temps", écrivait Louis Lewin, sommité pharmacologique du 19ème siècle, en parlant des drogues et de leur usage.

 

Et c’est bien de cela dont il s’agit avec la même évidence qui revient sans cesse : une société sans risque, un monde sans drogue n’existent pas !

 

Il faut donc ouvrir le débat en faisant le pari de l’intelligence de nos concitoyennes et nos concitoyens, en évitant aussi les déclarations intempestives et péremptoires qui ne font que cristalliser les positions et s’éloigner la perspective, sans cesse repoussée, du débat sérieux et serein dont nous avons besoin quant à notre cadre légal, son impact aujourd'hui et ses évolutions souhaitables pour demain dans le sens d'une amélioration de la situation tant en terme de santé publique et de sécurité que de prévention et d'éducation.

 

Il faut sortir du milieu du gué où nous ont conduit, aujourd’hui, des politiques de santé publique mal assumées ou n’allant pas jusqu’au bout de leur logique.

 

On ne peut évacuer le fait que les politiques répressives ont échoué. Surtout quelles n’ont souvent pris pour cible que les soutiers et, en revanche les grossistes, les donneurs d’ordre voir les narcos états ont été négligés. Ces politiques ne répondent plus aux problèmes d’usage de produits et empêchent de traiter intelligemment le problème.

 

Quel est le bilan ? Une dérive sécuritaire. Interdiction de certaines drogues et banalisation d’autres. (Alcool, je ne voudrais pas ici insister sur les cris d’orfraies de certains contre l’augmentation des taxes sur la bière et les prémixes, tabac). Prévention méprisée, focalisation sur une partie de la population, la jeunesse, présumée principale consommatrice de cannabis… et ce, pendant que les dégâts causés par le tabagisme, d’alcool et certains stimulants ou calmants, se propagent et coûtent énormément à la sécurité sociale. Aucune réflexion voire, mépris, de ceux qui réfléchissent sur d’autres dispositifs. Diminutions des aides ou démantèlement des structures ! (En Seine Saint Denis, par exemple, à St Ouen, La Courneuve, Bobigny… des Centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour les usagers de drogue ont fermé !). Malgré les difficultés financières le Conseil général de la Seine-Saint-Denis a maintenu son effort en direction du tissus associatif et de la Mission de Prévention des Conduites à Risques. Dans le même temps le gouvernement d’hier a continué a se désintéresser de l’expertise de l’INSERM pour se concentrer sur la pénalisation des usages de drogues.  Louanges de la loi de 70, complètement obsolète… La centralisation à bridé toutes initiatives locales et/ou individuelles… dévalorisé voire, amalgamé toutes recherches et prises de position contraires aux dogmes réactionnaires. Les postures idéologiques sur les usagers de drogues conduit à tourner le dos à l’échange tous azimuts indispensable pour créer du lien, réunir les différents acteurs afin de construire une véritable politique publique.

 

Des propositions existent, nous allons en parler durant ces deux journées. Les principaux enjeux s’articulent autour de la prévention, des soins, de la réduction des risques et de la réduction de l’offre. Je dis donc : salles de consommations, programme d’échange de seringues, notamment dans les prisons, (mon ami J Marie Le Guen le rappelait avec force, lundi, au forum des images de Paris, lors de la journée consacrée aux préventions de l’engagement des jeunes dans les trafics), dépénalisation du cannabis… toutes ces pistes doivent être débattues, avec les élu-e-s, la population, les professionnels… afin de dépasser les peurs et les préjugés qui figent les opinions, divisent, font entrer dans des cases celles et ceux qui cherchent honnêtement des solutions à toutes formes de nuisances individuelles et/ou collectives…. La répression seule conduit à -ou permet de- laisser les choses en l’état !

 

Nous soutenons la création de salles de consommations à moindre risques partout où elles sont nécessaires et je me félicite de l’avancée que constitue l’annonce de la Ministre de la santé de premières expérimentations dès la fin de l’année.

Il faut dans le même temps et avec la même démarche nous pencher sur la question de la diversité de l’offre thérapeutique en particulier s’intéresser aux expériences qui semblent concluantes de nombre de nos voisins européens quant à la délivrance d’héroïne sous contrôle médical.

J’arrête là car je ne suis pas le seul à intervenir pour l’ouverture de vos travaux et je vous souhaite plein succès. Je sais que si l’on débouche, sur ces terrains, sur ces sujets, si c’est l’intérêt général qui l’emporte, sur ces terrains, sur ces sujets, c’est que notre société retrouve ses fondamentaux et que chacun redeviendra indispensable à l’autre.

Sachez Mesdames et Messieurs qu’il y a dans cette salle des Elus qui sont engagés à vos côtés et qui souhaitent qu’enfin sur ce sujet, on sorte de l’omerta. Sur ce sujet de la réduction des risques, après tant de rendez-vous manqués entre les professionnels et les responsables politiques, j’espère avec vous qu le changement est pour maintenant. Je vous remercie.

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