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Bonjour,

 

Italie, situation inquiétante.

Je me suis rendu à Palerme, pour une mission liée à ma délégation au Conseil général. Cela m'a permi de me rendre compte à quel point la crise politique que traverse l’Italie depuis les dernières élections législatives s’amplifie. Les mesures annoncées par le gouvernement d’union nationale guidé par Letta (Enrico Letta, 1er Ministre Italien, n° 2 du parti démocrate), ne rassurent personne. La participation aux élections municipales d’hier et aujourd’hui est en baisse. Moins 5% dans l’ensemble du pays, moins 19% à Rome le scrutin concerne plus de 500 communes et 7 millions d’électeurs. La crise économique prend une tournure dramatique avec la fermeture de l’ILVAla plus importante usine métallurgique italienne. 

Il y a d’abord eu la recherche d’un gouvernement improbable Parti Démocrate soutenu par le mouvement 5 étoiles. Puis la tragi-comédie dans l’élection du Président de la République avec finalement la décision de reconduire Georgio Napolitano.

Ci contre,  Président depuis le 22 avril).

La constitution d’un gouvernement honni qui regroupe les démocrates, les amis de Berlusconi et de Monti a fini de casser les illusions de changement que le Parti Démocrate et son candidat Bersani avaient porté. Pier Luigi Bersani, (ci dessous), leader de la gauche, était chargé de former un gouvernement mais, victime expiatoire, il laisse un parti démocrate en charpie écartelé entre le soutien à un gouvernement qu’il n’a pas choisi et une opposition interne qui amène le parti au bord de l’explosion et ce malgré le choix comme secrétaire transitoire, Guglielmo Epifani, cicontre, ex leader de la grande centrale ouvrière CGIL, nouveau patron du parti démocrate,  qui doit seulement préparer le congrès. Entre les "modernes" autour de Renzi le Maire de Florence et candidat à la primaire malchanceux contre Bersani et une partie du PD qui n’admet pas le choix du gouvernement d’union nationale les ponts sont presque rompus. Seul le parti de Nicchi Vendola a choisi de ne pas soutenir ce gouvernement, à droite la Ligue du Nord de Bossi et Maroni a fait de même. A l’ordre du jour du gouvernement italien il y a bien sur la réforme du financement des partis politiques qui abandonne le système de financement basé sur le résultat des élections et le remplace par un impôt volontaire. Ce système va favoriser les grands partis car ils peuvent compter sur les généreux donateurs. Les autres devront compter sur leurs propres adhérents ou presque. La réforme électorale prend un mauvais chemin. Historiquement, les partis de gauche soutiennent le recours à la proportionnelle. Mais le Parti Démocrate vient de faire la proposition d’un système à la française qui, on le sait bien, assèche le pluralisme et la diversité. Il est un projet de circonstance pour empêcher que ne s’exprime dans les urnes le rejet d’alternatives aux deux grands partis que sont les démocrates et le pôle des libertés. Il tente aussi de mettre le mouvement des 5 étoiles dans un dilemme choisir la droite ou le centre gauche. Nos amis et camarades de Refondation Communiste et du Parti des Communistes Italiens sont en recherche de solutions à un émiettement et à un affaiblissement de la gauche de transformation sociale. L’espoir viendra t’il des mouvements sociaux et syndicaux ? la FIOM (les métallos de la CGIL) a réussi sa manifestation contre l’austérité soutenue par toutes les forces à gauche du Parti Démocrate. Des membres éminents du PD comme Epifani ex secrétaire de la CGIL et ex Maire de Bologne a critiqué l’absence du PD à cette manifestation. Mais la plus grande crise est économique l’annonce de la fermeture de l’aciérie ILVA à Taranto est un drame social des milliers d’emplois directs et induits supprimés et le fleuron de la métallurgie italienne en berne. Il est à noter que deux prêtres ont su fédérer cette semaine ce que l’Italie a de meilleur. Les obsèques de Don Gallo à Gênes le curé des pauvres, des drogués et des exclus est parti sous les notes de « Bella Ciao ». A Palerme, la béatification de Don Puglisi tombé sous les balles de la Mafia il y a 20 ans a montré que cette lutte même si elle se transforme reste d’actualité. Les 20 000 jeunes qui ont défilé jeudi 23 mai à Palerme en hommage à Falcone et Borselino sont l’espoir d’une Italie debout...

... qui ne renonce pas mais qui cherche son avenir politique. Les ingrédients sont là. Il manque encore la recette. Nos camarades de Refondation et du PDCI sont un des éléments de la solution.

Cordialement: Gilles Garnier

 

Gilles Garnier.

 

 

 

 

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